gargre

Inscrit le : 29 Mai 2007 Messages: 11
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| Posté le: 01 Juin 2007 à 22:32 Sujet du message: Encore si vous voulez |
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Pour le plaisir des mots et beaucoup d'imaginaire et en hommage à Mme M.D.
Merci de l'accueil monsieur Dj
« Ils se surprennent tout à coup à se regarder l’un l’autre. Et se voir tout à coup.
Ils se voient jusqu’à la suspension du mot sur la page, jusqu’à ce coup dans les yeux qui fuient et se ferment.
Etre suspendus à l’écoute et, au souffle près, en être immobilisés, simplement l’émotion devant le dévoilement de la parole.
Elle pense qu’elle voudrait croire ne pas la voir. Que du moment que rien ne se passe entre eux, la mémoire reste infernale de ce qui n’arrive pas.
Elle voudrait lui dire que rien n’arrive que le mensonge.
Elle aimerait bien savoir comment dire cette envie de retenir contre soi ce temps.
Elle parlerait de ce temps entre les choses, entre les êtres, celui qu’ils jettent, ignorants. Elle dirait que ne pas parler de ce temps là, c’est déjà chercher à le gagner.
Et elle l’aime de ce moment où elle ne la connaît pas, où il n’a pas de place. Même pas dans sa mémoire.
C’était comme sans doute s’attendre depuis toujours, être ces faux amants qui ne s’aiment pas. Comme si avant de se voir ils se connaissaient déjà.
Comme un amour qui a un commencement et une fin inoubliables, alors qu’on l’a déjà oublié.
Ils diraient qu’ils arriveront à vivre le corps laissé dans un désert avec dans l’esprit, le souvenir d’un seul baiser, d’une seule parole, d’un seul regard pour tout un amour.
La beauté serait peut-être surprenante, et elle aurait un sens si elle les déchirait.
Ils se regardent longuement, et par le regard ils se prennent, se gardent en eux enfermés, jusqu’à la douleur.
Et chacun baisse les yeux, ils ne se regardent pas. Ils sont dans cette peur que leurs yeux se regardent, se voient.
Puis leurs regards se posent. Leurs yeux se voient. Sous le coup de ce regard, leurs yeux se brûlent. Ils fuient et se ferment. Et dans le cœur le bruit s’apaise, il va jusqu’au silence, presque un baiser.
A cause de cet amour qui a tout pris, qui n’a rien pris. Le désir dans sa défaite, fou, ils en tremblent.
Le baiser a eu lieu. Il occupe le désir tout entier, il est à lui seul son désert et son immensité.
Un baiser comme si l’idée leur était venue d’aimer, comme un secret entier, un bonheur qu’il faut sacrifier, de crainte qu’il ait un devenir.
Une dernière phrase pourrait encore être dite, avant le silence, qui pourrait être de l’un pour l’autre.
Elle aurait dit l’émotion que l’on éprouve parfois à reconnaître ce que l’on ne connaît pas, à cause de la disproportion des mots à dire cet empêchement, de leur maigreur devant l’énormité de la joie. »
Envie de trainer chez vous et trouver un quai
où poser les bateaux ivres
A Tantôt biz Gargre |
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noodle75

Inscrit le : 26 Mai 2007 Messages: 52
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| Posté le: 02 Juin 2007 à 12:27 Sujet du message: |
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LE CHEMIN DE L'ISSUE
Sur la trace de la rencontre des chemins, mes sens m'ont emmené vers un monde où le soi est possible. L'Autre devient alors l'Ailleurs, le Partage du sens de la Vie. Nous sommes seuls en ces temps face à notre propre perte, à notre existence intrinsèque de l'Amour impossible.
Le refus du lointain, de l'inaccessible trésor caché sous les racines de nos êtres, est ancré au fond de nos cœurs refusant le regard sur le propre désir. "Liberté" vous chérissez son nom, "Solitude" je réclame ta présence. Les retrouvailles du miroir conduit à l'ivresse des blessures refermées, où il nous est possible de voiler les séquelles. Le drap de la pudeur, le bouclier du renoncement conduit à l'illusion de la continuité d'une vie que l'on espère achevée. Du trou noir surgit l'interdit du partage de ses rêves, d'une partie de soi-même.
Sur le chemin du Destin, se créent parfois des rencontres qui marquent à jamais l'existence. Au cœur de l'intrus, des forces cachées, éclate au grand jour la source de l'essence. Sa propre lumière.
Ô comme le rayon porteur de l'espoir des hommes adoucit la sécheresse de la plaie imbibée du noir dessein des blessants de l'humain ! Ce chemin de lumière, tacheté subtilement par les pierres du malheureux, conduit l'aveugle au cœur du regard, amène le transi au feu de l'être. Chacun porte en soi une flamme que les vents du Destin acheminent vers la bougie vivante du reflet de l'Autre.
A l'issue du chemin, l'humain retrouve le parcours de son cœur.
Quant à moi, je pose un voile de mystère sur le tronc de ma vie. Mais parfois de mes oreilles meurtries, j'entends la vie qui se réjouit, au détour d'un chemin. |
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